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Final Fantasy Tactics
Par Milcham le 25/09/2005





   Il y a deux mois de cela, Ouarpz' ouvrait et abordait entre autres choses le cas Final Fantasy VI. L'occasion d'y affirmer, si cela est bien nécessaire, qu'on aime Final Fantasy, une saga importante dans l'univers vidéoludique d'aujourd'hui et d'hier. Une place de choix ? Certainement, quoiqu'elle soit contestée ici et là, ce que son évolution récente tendrait à faire comprendre. Il faut dire qu'on est servi niveau suites douteuses. En espérant voir FFXII changer la donne.
Bref, Final Fantasy Tactics fît partie de la vague '97 lancée par Square sur Playstation, avec Final Fantasy VII en étendard. Beaucoup moins impressionnant que le sus-cité, Tactics fit pourtant la quasi-unanimité. Fruit de l'équipe de Yasumi Matsuno, avec Akihiko Yoshida au design, le duo Hitoshi Sakimoto/Masaharu Iwata à la bande-son et plusieurs transfuges classiques de FF tels Hiroshi Ito, Final Fantasy Tactics n'est ni plus ni moins qu'un clône de Tactics Ogre, par ces mêmes messieurs, mais pour le compte de Quest. Une boîte depuis avalée par Square, justement. Passons.


   On a donc là un S-RPG à la sauce Tactics. Pour ne rien vous cacher, c'est une variante qui m'intéresse nettement plus que les plus classiques Shining Force ou Fire Emblem. Toujours sur une carte découpée en cases comme un échiquier, vous déplacez vos troupes. Vos attaques s'éxécutent directement à l'écran, sans passer par une phase de combat. L'intérêt ? De nombreuses attaques agissent sur plusieurs cases, touchant tous ceux qui s'y trouvent, jusqu'à vos alliés. De même, le relief de la carte pourra parfois vous empêcher de passer ou bloquer vos attaques. Les possibilités sont larges et brillamment utilisées. On y revient plus tard.



The Zodiac Brave Story
~ Ignorance itself is a crime! ~



   Situons d'abord le contexte. Le faire convenablement en l'espace de trois lignes, c'est certes difficile. L'érudit Alazlam J.D. compte bien vous démontrer que l'Histoire ne retient que ce qu'elle veut bien. "La vérité est tailleur" ? En quelque sorte. Les livres nous parlent d'un héros, sauveur du royaume d'Ivalice et monarque de paix. Ce simple enfant du peuple qui, seul, aurait mis fin à la guerre civile s'appelait Delita. Mais qui a écrit ces livres ? Et si cette Vérité était montée de toute pièce ? Si le royaume lui-même reposait sur un mensonge sacré ? Ainsi cet historien un poil provocateur vous plonge-t-il dans la peau de Ramza, dernier rejeton - bâtard et peu aguerri - de la prestigieuse lignée Beoulve. Ramza fut le meilleur ami de Delita, quoique personne ne retint jamais son nom. Et pourtant, il pourrait bien avoir été le seul vrai sauveur d'Ivalice. A vous de le découvrir au fil du jeu.



   Final Fantasy Tactics a deux énormes points forts : un système de jeu riche qui densifie considérablement l'héritage FF... et une histoire d'exception. Celle-ci reprend les codes du théâtre, du drame classique. C'est aussi là qu'on apprécie la 3D vue de 3/4 - assez sommaire - du jeu. En effet, la mise en scène des RPG est, d'ordinaire, soit inexistante, soit d'inspiration cinématographique, soit les deux. Ici, en revanche, on a très largement l'impression d'être devant une scène. Je suppose qu'à la base ils n'ont pas choisi la vue isométrique pour ça. Toujours est-il que l'effet est là. La carte étant clairement délimitée, de nouveaux personnages peuvent y faire brusquement leur apparition, sans que l'on ait eu la possibilité de les voir arriver : difficile de ne pas faire le rapprochement avec l'entrée en scène du théâtre. Plus globalement, les dialogues et interactions entre les personnages ont souvent ce petit quelque chose d'emphasé, de soutenu ; de "théâtral", a-t-on coutume de dire.

   En outre, Matsuno multiplie coups d'éclats et trahisons pour créer une véritable fresque autour de deux protagonistes, amis et rivaux, sur fond de société médiévale ébranlée par les guerres et des siècles de mensonge. Vous incarnez en fin de compte l'homme le plus appréciable dans cet univers : Ramza est votre seul repère en Ivalice, le seul qui, guère idéaliste, refuse les morts inutiles. Son sens aigü de la Justice - qui confine quelquefois à la naïveté - le précipite au rang de hérétique et lui met ses frères à dos. Si Machiavel avait vécu en Ivalice, Ramza lui aurait vomi dans le col. Bon, sur le coup on sort du registre du drame, oui. Tout ça pour dire qu'une fois n'est pas coutume, les concepteurs ont réussi à rendre intéressant un héros de la catégorie "justicier", parce que plutôt que de se faire des copains grâce à son merveilleux altruisme, il finit par devenir l'ennemi de toutes les institutions du Royaume - jusqu'à sa propre famille - et sombre finalement dans les limbes de l'Histoire.

   On pourra en revanche noter une chose un peu gênante, histoire de ternir le tableau. La traduction américaine est étonnamment, fantastiquement, extraordinairement approximative. Des coquilles, encore, ce ne serait pas le premier à en avoir. Mais la grammaire est elle-même douteuse. Déjà que la traduc' prête à rire pour nous autres francophones, alors j'imagine difficilement ce que ça fait lorsque l'anglais est votre langue maternelle. Final Fantasy Tactics est, ensuite, un pur condensé de tous les préjugés liés à l'époque médiévale, millénaire d'obscurantisme aux mains d'aristocrates barbares et - surtout - d'une Eglise sournoise et manipulatrice. C'est amusant de noter une fois de plus que les Japonais n'ont pas mieux compris l'Histoire occidentale que nous autres la culture nippone. Remarquez, ce n'est en soi pas une critique : le monde de pieuse tyrannie dépeint sert l'histoire à merveille.

(Note : j'ignore si le plus drôle est l'image stéréotypée du Moyen-Âge livrée ici - ou la conviction de pas mal de joueurs, qui voient dans ce jeu un puissant message anticlérical, et même, antireligieux.)



I got a good feeling !
~ This is the way ! o.O ~

   Final Fantasy Tactics, c'est un Tactics Ogre sauce FF, comme on l'a déjà dit - et pas qu'ici. Or, quand on pense aux Final Fantasy, du I au VI (rappelons qu'à l'époque n'existaient encore que ceux-ci), on a immédiatement à l'esprit son bestiaire, chocobos et invocations en tête. Ceux-ci se retrouvent dans Tactics, ainsi d'ailleurs que Cid, dans un probable parallèle avec celui de Corneille - Cidolfas "T.G. Cid" Orlandu, un monstre de puissance. Et puis l'autre élément important, c'est l'univers créé autour des Jobs. Sur six épisodes, trois mettent particulièrement l'accent sur la customisation de l'équipe par les Jobs (les trois impairs). Le second n'en a pas grand chose à faire ; mais si le quatrième ne permet pas non plus le choix des Jobs, ceux-ci sont profondément ancrés dans la personnalité des persos, et le sixième utilise plus ou moins le schéma du quatrième en troublant un peu la donne. Les jobs de FF sont très profondément liés à l'identité-même de la série, en cela que les plus connus sont apparus dès le premier. Leur intérêt est bien sûr d'apporter un peu de contenu au système de jeu, mais pas seulement : ils se distinguent assez clairement des classes traditionnelles du jeu de rôle à la D&D. Ils sont donc à l'origine d'une sorte d'univers Final Fantasy, certains jobs étant même érigés en mascottes (le Black Mage notamment). L'objectivité n'est pas mon fort : je reste un énorme fan des vieux FF. N'empêche, quel bonheur d'upgrader ses jobs dans FFIII ou de bénéficier des HP phénoménaux du Monk lorsqu'on est mage dans FFV.



   Eh bien, Final Fantasy Tactics reprend et enrichit pas mal le système de Final Fantasy V. Au programme, donc, 20 jobs. Comme dans Final Fantasy III, une branche physique et une branche magique se distinguent très nettement, sans réels croisements. Vous pouvez changer à volonté les Jobs de vos persos, qu'ils soient des protagonistes ou des troufions recrutés à titre anonyme. Chaque Job propose une liste de compétences à acheter à l'aide des points acquis au combat. Ces mêmes points débloquent, à terme, les jobs les plus évolués. Final Fantasy Tactics n'a donc pas la lacune classique de Final Fantasy III, V ou de beaucoup d'autres RPG : son système de progression ne dépend que de vous. Pas de Jobs débloqués au fur et à mesure de l'histoire ou upgradés dans de nouvelles villes. Vous pouvez débloquer Ninja, Samurai, Calculator ou Mime dès le début du jeu, avec un peu d'acharnement. Vous êtes libres de construire votre équipe comme bon vous semble, quand bon vous semble. Les compétences à acheter sont de plusieurs types : commandes de combat (ex : Black Magic), contre-attaque (ex : Counter, Sunken State), équipement (ex : Two Swords, Equip Spear) et mouvement (ex : Teleport, Move + 2, Move on lava). En plus des acquis de base du Job actuel, vous pouvez associer à chaque perso une compétence de chaque type. Ninjas à deux épées de Knights, Wizards avec Math Skill et j'en passe.


Don't blame us. Blame yourself or God.
~ Surrender or die in obscurity! ~

   Evidemment, cette liberté influe directement sur la difficulté des combats : il est bien rare de peiner à devoir élaborer des stratégies d'attaque napoléoniennes. En d'autres termes, Final Fantasy Tactics est de ceux où les combats ne sont qu'une formalité si vous jouez bien. C'est un point que pas mal de joueurs lui reprochent, et ça peut se comprendre. Pour ma part j'aime autant : dans Heroes III, par exemple (bientôt couvert sur Ouarpzone, on l'espère), vous avez une option "combats instantanés". De la sorte, vous ne vous concentrez que sur la gestion de vos troupes. Il arrive de devoir désactiver ceci pour minimiser les pertes, mais le plus souvent je préfère zapper les combats, à titre personnel. Vous comprenez bien qu'en conséquence, je m'amuse bien davantage à créer de bons persos qu'à élaborer des schémas d'attaque dans Final Fantasy Tactics. Qui sait si vous êtes comme moi.



   Et parlons-en, de ces combats. Les cartes sont relativement réduites et les troupes peu nombreuses : généralement, vous ne pourrez jouer qu'avec 5 persos. Ca, aux yeux de certains, c'est une hérésie. Or, Final Fantasy Tactics n'utilise pas l'alternance classique "Tour allié/Tour ennemi". Chaque unité agit en fonction de sa vitesse, ce qui vous empêche de jeter tous vos barbares sur l'ennemi sans risque et vous force à tenir compte du temps requis pour sortir une magie. C'est pas toujours évident de tout suivre avec une dizaine d'unités sur le terrain : je n'imagine pas le foutoir si ce nombre était doublé. De même, évoluer dans de plus grandes cartes serait trop handicapant pour qui n'est pas Mage, Archer, Gunner ou Lancer. Autant le dire tout de suite : si l'ami Knight, déjà bien lent, devait attendre 6 ou 7 tours avant de parvenir au niveau de l'ennemi, il serait abattu avant d'avoir fait la moitié du chemin. A vous de faire le choix entre des armures sur pattes ou des Spartiates naturistes mais rapides. Pour l'info, un Ninja agira deux fois qu'un Samurai n'aura pas encore bougé. A l'inverse, le Ninja peut très bien être abattu en deux coups, et si trois tours s'écoulent alors qu'il est à terre, c'est la mort définitive.



   Final Fantasy Tactics est un classique. Brillamment mis en scène - un effort poursuivi par Vagrant Story - et riche lorsque huit ans après sa sortie, de nouvelles subtilités du système de jeu sont encore régulièrement découvertes, il est l'un des incontournables de la 32 bits de Sony. Evidemment, avec de tels antécédents, sa déclinaison sur Gameboy Advance était attendue au tournant. Eh ben, au tournant, elle a été passée à tabac. On a retrouvé Final Fantasy Tactics Advance dans une ruelle, le corps déjà raide, des crucifix inversés dans le nez et la mâchoire anéantie par les huit kilogrammes de chamallows qu'on lui a fait ingurgiter en lui urinant dessus. Je trouve ça regrettable. Qu'a-t-il de si mauvais ? Très riche et plus accessible, ne faisant ni dans le remake ni dans la suite facile, original à bien des égards et toujours aussi joli. Ah mais, j'oubliais : il n'a pas d'histoire. Une raison évidente pour se tourner vers Shining Force : Resurrection of the Dark Dragon qui, lui, sur cette même console, dispose d'un scénar' digne de Verne, Faust, Maupassant, Eco, Laclos. Digne d'une saga de l'été pour TF1. Final Fantasy Tactics Advance assumait au moins ses penchants. Requiescat in Pace.


Final Fantasy Tactics Advance


Vagrant Story




Liens :
Jeuxvideo.com, pour les screenshots illustrant cette page
Final Fantasy Tactics - Investigative Project, histoire de fouiller un peu les viscères du jeu.


 
 
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